Quelques définitions
Euthanasie active / passive
Soit il y a euthanasie par action ou omission (en injectant un produit létal...) c'est à dire volonté de mettre un terme à la vie du patient, soit il y a volonté d'accompagner le patient en atténuant ses souffrances c'est à dire passer de l'acharnement thérapeutique aux soins palliatifs.
Euthanasie
L'euthanasie est une action ou une omission dont l'intention première vise la mort d'un malade pour supprimer la douleur. L'euthanasie est une mort imposée qui s'oppose à la mort naturelle.
La distinction entre l'euthanasie et l'interruption de soins disproportionnés est essentielle.
« Euthanasie d'exception »
Notion proposée par le Comité consultatif national d'éthique afin de permettre, dans certains cas exceptionnels, de provoquer la mort d'un malade. On se souvient que l'avortement ne devait être pratiqué dans les hôpitaux que pour répondre à une situation exceptionnelle. Il remplace aujourd'hui, aux frais de la Sécurité sociale, la contraception dans un grand nombre de cas. Une telle dérive ne saurait épargner la pratique de l'euthanasie dans une société où la longévité s'accroît régulièrement avec ses souffrances et multiples dépendances, ce qui pèsera de plus en plus sur le budget de la Santé, d'où certaines tentations...
Aide au suicide - suicide assisté
Méthode qui consiste à mettre du poison dans la seringue et à faire appuyer par le malade afin d'éviter les poursuites.
Acharnement thérapeutique
Poursuivre un traitement lourd qui devient disproportionné par rapport au bien qu'en retire le patient.
Soins palliatifs
Accompagner le malade et utiliser des antalgiques pour soulager la douleur, même si cela consiste à prendre des risques parfois mortels. Le but n'est pas ici de donner la mort au patient. De plus, maintenir un patient en vie, peut lui permettre de tenir jusqu'à la mise au point de nouveaux traitements et d'être guéri.
Accompagnement en fin de vie
L'accompagnement des personnes en fin de vie est le véritable enjeu du débat sur l'euthanasie, comme le remarque le rapport Hennezel qui souligne que si, face à la souffrance, « les pratiques sont hétérogènes, la tentation de répondre au v½u de mort par un geste létal » est souvent révélatrice d'un défaut de formation et d'une solitude des soignants face à des fins de vie qu'ils ne savent pas accompagner. « Ce n'est pas une loi qui amendera les consciences... Par contre, on peut craindre qu'elle freine les efforts de soignants pour améliorer leur pratique, pour la penser, pour inventer une manière d'être humble et humaine auprès de ceux qu'on ne peut plus guérir.»
Voici un événement que tout le monde a entendu parler. Il s'agit l'affaire Marie Humbert, c'est d'abord l'histoire de Vincent, jeune pompier de 19 ans, qui le 24 septembre 2000 se retrouve paralysé par une double hémiplégie, après un accident de voiture. Gravement handicapé, il demande en 2002 le «droit de mourir» au président de la République. En l'absence de réponse, sa mère décide par amour pour son fils de l'aider à «se suicider», trois ans après son accident.
Chronologie de cette affaire:
16 décembre 2002 : Publication dans la presse de la lettre adressée deux mois plus tôt par Vincent au Président de la République dans laquelle il lui demande le "droit de mourir". Jacques Chirac lui répond personnellement : "Je ne peux pas vous donner ce que vous demandez."
24 septembre 2003 : En fin d'après-midi, 3 ans jour pour jour après l'accident de Vincent, sa mère Marie Humbert, injecte une dose de barbituriques dans la sonde gastrique qui le nourrit. Il tombe dans un coma profond. On le transporte dans le service de réanimation du docteur Frédéric Chaussoy.
25 septembre 2003 : Publication de "Je vous demande le droit de mourir" un livre en forme de témoignage recueilli par un journaliste auprès de Vincent.
26 septembre 2003 : Le docteur Chaussoy abrège les souffrances de Vincent en débranchant l'appareil qui l'aide à respirer, puis en lui injectant une dose de chlorure de potassium. Dans un communiqué, l'équipe médicale annonce d'abord qu'elle a décidé "de limiter les thérapeutiques actives."
30 septembre 2003 : Le Docteur Chaussoy assume la mort de Vincent et déclare qu'il a débranché son respirateur artificiel.
24 octobre 2003 : Le procureur de Boulogne-sur-Mer ouvre une information judiciaire visant Marie Humbert et le Docteur Chaussoy.
13 janvier - 14 Janvier 2004 : Marie Humbert est mise en examen pour "administration de substance toxique". Frédéric Chaussoy est mis en examen pour "empoisonnement avec préméditation ". La juge Anne Morvant est chargée de l'instruction.
24 septembre 2004 : Lancement d'une pétition pour une "loi Vincent Humbert" prévoyant une "exception d'euthanasie".
15 novembre 2004 : Publication de "Je ne suis pas un assasin", livre-confession du Docteur Chaussoy préfacé par Bernard Kouchner.
22 avril 2005 : Le Parlement adopte la loi Leonetti qui prévoit un "droit à laisser mourir" : elle permet d'arrêter un traitement ou de refuser l'acharnement thérapeutique, mais ne légalise pas "l'euthanasie active".
Septembre 2005 : Fin de l'enquête judiciaire concernant la mort de Vincent Humbert.
2 janvier 2006 : Le procureur requiert un non lieu général à l'encontre de Marie Humbert et du Docteur Chaussoy, ce qui signifie l'abandon des poursuites. Ils attendent aujourd'hui l'ordonnance du juge d'instruction qui pourra suivre ou non les réquisitions du procureur.
27 février 2006 : L'ordonnance de non-lieu pour Marie Humbert, et pour le docteur Chaussoy est délivrée par la juge d'instruction Anne Morvant.
Film : Marie Humbert l'amour d'une mère diffusé sur TF1 le lundi 3 dècembre 2007.
Que pensez vous de cette méthode?
Êtes vous pour et contre? Et pourquoi ?
Avez vous vu ce téléfilm? Si oui qu'en avez vous pensez ?